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Assistances à mourir : comparaison internationale et problématisation sous l’angle des sciences humaines et sociales

Symposium du 9 au 13 avril 2018 à HESAV, Lausanne

La Suisse a développé très tôt une pratique originale de l’assistance à mourir, grâce à un contexte légal tolérant et par l’intermédiaire d’organisations militant pour la « mort digne » qui ont su en tirer parti. D’autres pays ou États ont mené des réflexions visant à se doter d’une législation sur l’assistance à mourir, que ce soit l’euthanasie ou l’assistance au suicide. La Belgique et les Pays-Bas ont par exemple une longue expérience de ces pratiques, tandis que le Canada et certains États américains y sont venus très récemment. D’autres, comme la France, ont choisi de ne pas légaliser l’assistance à mourir, mais de proposer un droit à la sédation terminale. Les catégories de personnes qui ont accès à ce type de décision de fin de vie changent : ce ne sont plus seulement des adultes gravement malades, mais aussi des personnes âgées dites « fatiguées de la vie » comme en Suisse ou des mineur-e-s comme en Belgique.

Ces nouvelles pratiques autour de la mort ont un impact sur les professionnel-le-s impliqué-e-s, les proches, les établissements de soins, les services sociaux et plus largement sur les sociétés qui les ont légalisées, les tolèrent ou les refusent. Parmi les études sur l’assistance à mourir, on constate que les données empiriques qualitatives sont peu nombreuses et que l’analyse socio-anthropologique est encore plus rare. Pourtant, la mort est une expérience sociale et collective en ce qu’elle convoque des répertoires sociaux, culturels et religieux, et fait l’objet de rituels. Or, les sciences humaines et sociales se sont peu penchées sur le « mourir ensemble » lorsqu’il implique l’assistance portée à une personne souhaitant mettre fin à ses jours, que ce soit à cause de la nouveauté relative du sujet ou du difficile accès aux terrains.

Notre symposium vise à mettre en réseau des chercheurs suisses et des chercheurs internationaux disposant de données empiriques ou ayant développé des problématiques originales sur l’assistance à mourir dans les domaines de la sociologie, de l’anthropologie, du droit, de la psychiatrie, de l’éthique, de la santé, du travail social. Il réunira des chercheurs et chercheuses confirmé-e-s et en formation, ainsi qu’une patiente impliquée dans des projets de recherche, dans le but de développer de nouvelles problématiques sur l’assistance à mourir sous l’angle des sciences humaines et sociales dans un contexte où ces questions sont principalement étudiées dans une perspective clinique, juridique ou normative. Le regard croisé de ces disciplines semble plus que jamais nécessaire pour aller au-delà de positions normatives peinant à s’extirper d’une dichotomie « pour » ou « contre » l’assistance à mourir, et ainsi, à terme, améliorer la pratique des professionnel-le-s de santé et du social, situé-e-s en première ligne des décisions à accompagner ou à prendre.

Le symposium est soutenu par le FNS dans le cadre d’un nouveau subside accordé pour « Scientific Exchanges », par le domaine Santé HES-SO dans le cadre du fond de promotion du domaine et par la Fondation Pallium. Vingt chercheurs et chercheuses provenant d’Europe, des États-Unis, du Canada et de Suisse y participeront. Une publication commune en français et en anglais est prévue.


Programme

Fidèle à la mission des HES, le programme varié est axé sur la qualité, la recherche et la transmission des savoirs :

Recherche et publication

  • Les participant-e-s travailleront sur l’assistance à mourir sous plusieurs angles, tels que les politiques sociales, les défis bioéthiques et relationnels, l’implication des professionnel-le-s et des familles, ainsi que le suicide des personnes âgées.
  • Les travaux seront réunis dans une publication ultérieure.

Formation

  • Une classe de maîtres pour les doctorant-e-s aura lieu le mercredi 11 avril. Elle s’adresse aux doctorant-e-s participant au symposium qui souhaitent se perfectionner du point de vue des approches méthodologiques pour aborder des sujets sensibles comme l’euthanasie et le suicide assisté.
  • En outre, du coaching est proposé à quatre groupes d’étudiant-e-s qui préparent leur travail de Bachelor sur l’assistance à mourir.

 

Organisateurs :

    Murielle Pott, Professeure HES ordinaire, HESAV, Lausanne

    Samuel Blouin, Doctorat en sociologie et sciences des religions, Université de Montréal et Université de Lausanne, et boursier de la Fondation Pierre Elliott Trudeau

     

     

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