HESAV

9ème Journée de Psychiatrie

Vendredi 9 février 2018

« PSYCHÉ-SOMA en je(u) dans le corps »

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La vie, l’existence - pour devenir proprement nôtre - requiert un travail d’appropriation subjective qui ne cesse de se déployer au cours de l’expérience quotidienne. Souvent nous n’y pensons pas : un nombre considérable de nos gestes, de nos pensées et de nos affects modulent spontanément notre façon d’habiter intimement et corporellement le monde et le temps, sans nécessiter de nous une attention particulière. Au fondement de l’identité personnelle, l’expérience corporelle est ainsi largement inconsciente. À y regarder de près, un tel travail repose sur l’articulation fine de processus somatiques et de processus psychiques conjugués, dont la déliaison apparaît parfois clairement dans la maladie, somatique et/ou psychique.

Suivant l’idée qu’il n’y a pas de « maladies psychosomatiques », mais bien des patients psychosomatiques (cette économie nous concernant tous), nous interrogerons les rapports psyché‑soma du point de vue individuel. Nous élargirons conjointement la réflexion en l’articulant à l’analyse sociologique et politique de la place accordée au corps dans notre société contemporaine.

Le dualisme psyché-soma, ancré dans la tradition philosophique occidentale, n’a eu de cesse d’alimenter des réflexions et de structurer les pratiques soignantes. Ce dualisme semble se perpétuer dans la façon d’organiser aujourd’hui les institutions médicales ou de concevoir « l’offre de soins ». Les patient se confrontent le plus souvent à une division du travail entre les spécialistes du somatique et de la psyché qui traduit en acte une conception tenace de la séparation des savoirs et des cliniques. Considérer ensemble psyché et soma relève encore et toujours d’un domaine de spécialisation (la psychosomatique), dont l’enjeu sera rappelé lors de ce colloque. Rares sont sans doute les praticiens qui peuvent considérer pleinement ensemble les registres psychique et somatique. Le colloque sera également l’occasion de mutualiser des expériences d’embarras, d’incertitude ou d’impuissance chez les cliniciens confrontés aux énigmes de la somatisation.

Une réflexion à partir de la pluralité des « figures de la corporéité » est l’une des voies prometteuses pour sortir de certaines impasses cliniques. D’autre part, qu’il s’agisse de la clinique du traumatisme, des troubles alimentaires ou des difficultés somatiques graves survenant au cours du développement chez l’enfant et l’adolescent, certaines modalités d’écoute et de soins attestent d’une créativité visant à mieux comprendre l’épreuve endurée du point de vue somato-psychique.

Nous nous interrogerons également sur l’inégale reconnaissance sociale de la souffrance psychique et somatique. Les expériences douloureuses du monde et la narration des traumatismes - lot quotidien de la clinique – varient considérablement selon le statut socio-politique des patients notamment. Le colloque intègrera des éclairages divers sur les significations contemporaines conférées au couple « psyché-soma » ayant pour ligne de mire les enjeux identitaires individuels et collectifs.

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